Encore un exemple du paradoxe du marché de l’emploi à Bruxelles

(Par Jawad Hanini) - VOKA calcule l'impact de l'économie de la connaissance à Bruxelles
Une étude récente de Tom Van Puyenbroeck, Johan Eyckmans, Peter Teirlinck, André Spithoven et Gilles Van Hamme à la demande de VOKA Metropolitan a examiné l'impact de l'économie de la connaissance à Bruxelles. VOKA Metropolitan est la fédération des employeurs flamands dans la Brussels Metropolitan Region (Bruxelles et sa périphérie). Brussels Studies à publié l'étude sur le site Open Edition Journals fin 2024.
Jawad Hanini, étudiant de 17 ans en 5e Technique de Transition et stagiaire au groupe Open Vld au Parlement bruxellois commente l'étude.
Bruxelles, fière d'être la capitale de l'innovation, se trouve aujourd'hui face à un paradoxe saisissant. La ville affiche 40 % d'emplois qualifiés – bien plus que les 26 % en Wallonie et 34 % en Flandre – mais près de 40 % de ces professionnels viennent d'ailleurs. Parallèlement, le taux de chômage atteint 12,4 %, preuve que le dynamisme économique ne bénéficie pas entièrement aux habitants locaux. Ce sont le navetteurs qui occupent en majorité ces emplois dans l'économie de la connaissance.
"Malgré ses atouts, Bruxelles peine à intégrer sa propre main-d'œuvre".
- Jawad Hanini
Mais chaque emploi dans l'économie de la connaissance génère aussi de nombreux emplois dérivés. Répartition sectorielle et retombées :
• La métropole concentre environ 50 % des emplois du secteur financier belge et un tiers des postes dans les services juridiques et comptables.
• Chaque nouvel emploi qualifié à Bruxelles crée en moyenne 2,12 emplois supplémentaires.
• Un investissement additionnel de 10 millions d'euros dans ces secteurs pourrait générer jusqu'à 3 000 nouveaux emplois, dont 2 710 dans la capitale.
Cependant, mesurer précisément l'impact sur l'emploi dérivé et suivre la croissance de ces créations reste un défi crucial. Des indicateurs clairs sont indispensables pour s'assurer que les retombées profitent réellement aux Bruxellois.

Un défi d'intégration et des signaux d'alerte
Malgré ses atouts, Bruxelles peine à intégrer sa propre main-d'œuvre. Dans un autre étude, VOKA Metropolitan avait aussi tiré la sonnette d'alarme en soulignant que la pression fiscale sur l'immobilier professionnel à Bruxelles est jusqu'à trois fois plus élevée qu'en périphérie, poussant certaines entreprises à envisager la délocalisation au seins même de la Région Métropolitaine en périphérie.
Pour relever ce double défis (l'exode des entreprises et le faible taux de qualification des Bruxellois), il est essentiel de renforcer la formation professionnelle et de stimuler les partenariats entre entreprises, universités et centres de recherche. L'objectif est simple : créer un écosystème où chaque Bruxellois puisse pleinement bénéficier du dynamisme de sa ville.
En somme, Bruxelles est à un tournant décisif. Ses chiffres forts et sa position de hub au seins de la Brussels Metropolitan Region, ne suffisent pas si l'intégration de la population urbaine reste en retrait. La solution passe par des investissements ciblés, une moindre pression fiscale sur les entreprises à Bruxelles, une meilleure intégration de la main-d'œuvre et un suivi rigoureux de l'impact sur l'emploi dérivé, afin de transformer le potentiel économique en bénéfices concrets pour tous.
Jawad Hanini